A PLACE TO BURY STRANGERS a Kortrijk (De Kreun) le 25-11-2010
De Metzger aux maîtres du Shoegaze : le rattrapage de tous les rendez-vous manqués.
« Don’t say I’m not nice to you tonight, I’m trying.” C’est à peu près comme ça qu’a commencé le long frisson. La guitare semble avoir fait le voyage en mer, Ackerman l’aurait posé sur les rives de New York avant de la récupérer pour le concert, usée et frémissante, la diva du show. Sur la toile de fond, l’image d’une énorme araignée sur ce délicieux bourdonnement. Troisième morceau, le toujours très beau « To fix the gash in your head » suivi de « Ego Death », « I know I’ll see you » [vidéo] et un “The falling sun » très hypnotique. Puis, des évanescentes ballerines apparaissant sur le mur du fond, la salle est irrésistiblement médusée devant ce spectacle psychédélique. Le chanteur se plante devant la foule pétrifiée, son regard indescriptible la balaye pendant un temps indéterminé. Arrive alors un violent déchainement, nu, sans images, mais électrifié par des flashes de lumières en rafale : on dirait le silence en musique. Ackerman s’épuise dans un corps à corps avec sa guitare, nous sommes à bout de nerfs, elle vient heurter le sol doucement et brutalement, c’est l’expérience même du déchirement, il ne la tient plus que par une corde et elle vient frôler nos visages dans un passionnel mouvement. Le batteur ne s’arrête plus, il n’y aura plus de pause après ce climax, c’est le point de non retour. Tout se fond dans l’océan : « Was it luck, was it lust, was it need for us to trust. It wasn’t me, it wasn’t you. It doesn’t matter, that it’s love that holds you, you can never let it go. That it’s my arms that control you. You can never let it go, let it go.” Mais ce serait donc elle la muse de la poésie d’A Place To Bury Strangers, elle et tous les autres instruments ? « Deadbeat », dixième et dernier morceau de ce vif moment d’art !
