Filastine à la Péniche de Lille le lundi 7 mai 2012

 

     La dernière fois que j’ai eu l’occasion de voir un type faire de la musique en tapant avec des baguettes sur un caddie, c’était sur le bord d’une plate-bande de parking de mon lycée au cours d’une manif. Le dreadeux en question (qu’on ne se méprenne pas, je respecte les roots pour ce qu’ils sont) improvisait un morceau qui superposait Fillion, le CPE et les puissants de ce monde.

     De Caddie et de superposition, il est également question dans la musique de Filastine. Le producteur catalan vient de sortir son troisième album d’ethno-dubstep, LOOT, toujours chez Jarring Effects. L’album, malgré quelques faiblesses, a le mérite de penser la musique de manière moins européo-centrée. Chez Filastine, l’influence est nécessairement citation et donc nécessairement politique. Certes, il y a la nature de la citation, l’univers visuel du producteur et l’ambiance du concert (« la crise est une invention », « je suis bien content que vous ayez dégagé Sarkozy » et autres faux billets éparpillés dans la foule). Mais surtout, il y a le respect de cette influence, qui est moins un effet en soi que le témoin d’un contexte. Et selon cette logique, le concert de Filastine fut une véritable remise en contexte, arrachant la production du dubstep à un simple sound system (en plus du caddie, le producteur était accompagné d’une chanteuse et se produit habituellement avec une violoniste). A défaut d’une vraie claque musicale, une proposition intelligente de repenser l’engagement artistique.

Agenda Agité #8