Live report de THEEsatisfaction, Ghostpoet et DJ Krush
à l’Aeronef le 6 avril 2012
En anglais, le « ghostwriter », c’est le « nègre ». Celui qui a le talent et écrit pour celui qui a le nom. Et du génie, Obaro Ejimiwe n’en manque pas. Sous le nom de Ghostpoet, il a sorti, l’année passée Peanut Butter Blues and Melancholy Jam et rien que le titre de cet album est un poème à lui tout seul. L’opus, sorti sur Bornswood Recordings est une série de chansons hip-hop véritablement émouvantes et variées. Loin de la branche agressive du genre, Ghostpoet raconte des histoires. La critique a largement salué l’effort comme une des œuvres musicales les plus originales de l’année 2011
Malgré ce CV, suffisant pour sortir le poète de l’ombre, le public semblait être venu pour DJ Krush. Armé de son album, d’un groupe et d’un humour à toute épreuve, Ghostpoet a néanmoins su conquérir, sans peine, la grande salle de l’Aéronef. Il remerciera à plusieurs reprises, et à bon escient, le duo guitare-batterie qui l’accompagne. La prestation, organique, s’accélère et parvient à une osmose aussi vibrante que touchante avec les auditeurs.
DJ Krush aka l’homme qui commençait son set en dessous de 100 bpm. Ou presque. Pour monter ensuite. Monter, monter mais via l’escalier. Transitions interruptions, comme un moyen possible pour réveiller la foule. Sur cette démonstration de quinze ans de musique électronique, DJ Krush place habilement quelques uns de ses plus beaux titres, chaleureusement accueillis par un public attentif et de plus en plus alerte. La dernière demie-heure devient apocalyptique, on ne sait plus comment on en est arrivé là mais l’électricité a envahi la salle.
Conclure déjà ? DJ Krush se voit obligé de plier pour un ultime rappel : un remix correct puisque quasi drôle de We Will Rock You. Mais la blague tourne mal quand à Queen succèdent AC/DC et Michael Jackson. Billie Jean, non vraiment ? Dommage, on se quittait bons amis sur cette leçon.
