Django Django au Grand Mix de Tourcoing le mardi 22 mai 2012

    Etrange comme chaque écoute du dernier album de Django Django est venue imprimer en moi avec toujours plus de précision l’image d’un fou shetland rose pastel au grand galop (aussi grand que ses courtes pattes et sa panse tendue comme un tonneau de cervoise le lui permettent). Il m’est apparu au premier plan que ce shetland (bâtard évidemment, sa robe rose obtenue de mélanges hybrides et promis en lot d’honneur à une tombola de fête foraine) entamant sa course sous un soleil levant, le coeur gonflé de tout le soin et le swag qu’insufflent les périples sans destinations (hail bop). Un temps, je l’ai conçu les narines dilatées, façon pinkbull avec nervures au creux du naseau (Default) mais finalement un regard aussi halluciné qu’apathique lui convenait à merveille (Waveforms). Cette vague dans la pupille ne l’a alors plus quittée et en fond de course s’enchainaient cactus, pyramides et champignons magiques.

Il y a un côté un peu aliénant dans l’usage de la métaphore, autant dans l’écoute que dans l’écriture. D’ailleurs vous vous figurez probablement que je fabule. Non. Pourquoi mentir? J’ai vu ce shetland.

Le pire dans cette histoire, c’est qu’en assistant au concert de Django Django, je n’ai pas pas seulement vu ou chevauché ce shetland: j’é-tais ce shetland.  La dernière fois que j’ai assisté à un concert au Grand Mix, c’était M83. Le concert avait été aussi objectivement désagréable (et quand je dis objectivement, c’est uniquement car c’est le seul adverbe en quatre syllabes qui s’impose) que j’avais été frappée d’un mois de nausée somnambulique: mes nuits étaient peuplées de reprise de ce rêve bleu de Disney par Zola Jesus et remixé par David Guetta. Cauchemar. Cela dit, les seuls points communs entre le concert complet au Grand Mix de M83 et le concert complet de Django Django au Grand Mix est qu’ils étaient complets. Et au Grand Mix. Alors ok, l’interprétation de Django Django ne transpire pas d’originalité et de charisme. Ok, il faut fermer l’oeil (le tympan) sur quelques fioritures sonores mal venues. Mais voilà enfin un groupe qui nous réconcilie avec la pop, les redondances et les fous shetlands roses.

 

Agenda Agité #8