Edition d’Hiver de la Route du Rock 2012.

Vendredi 17 et samedi 19 février 2012.

Gauntlet Hair
Gauntlet Hair
Caveman
Caveman
S.C.U.M
S.C.U.M.
   
The Men
Elektronische Staubband

Vendredi : Parce qu’on vient tous à la Route du Rock pour prendre des claques.

C’est fou comme Gauntlet Hair ressemble exactement à ce qu’on attendait : reverb à l’infini et tambour battant. C’est fou aussi comme l’équation n’a pas donné le résultat escompté. En revanche, grimace du chanteur et regard désolé du batteur donnent un set écourté. Entre une salle molle et des problèmes matériels, on ne saura leur en tenir rigueur. Partie remise, promis ! Devant Kim Novak on regrette vaguement l’annulation de New Build. Caveman nous avait surpris avec un album onirique, une folk-pop précise, ils nous surprennent cette fois avec une interprétation énergique.

J’aime assez la manière dont la voix de Thomas Cohen reste, la manière dont elle traine et pourrait entrainer des « tu trouves pas qu’on dirait le chanteur de S.C.U.M ? » sur des potentiels petits frères. Cela fait quelques années que le groupe envoie des « signaux » et s’applique avec soin à se rendre aussi attachant qu’irritant. N’en déplaise l’inévitable comparaison avec les Horrors, qui vaut autant pour l’univers musical que le lien amical, la peinture psychédélique sonore de S.C.U.M n’a rien à envier à ses ainés surdoués. Loin de la réputation froide qu’on a fait de leurs prestations scéniques, les cinq londoniens ont transformé l’omnibus en cathédrale. La salle se divise après l’effort mais l’absence de consensus n’atteint pas l’intuition selon laquelle le groupe reste à suivre. Et de près. A quand un second album ?

Passer juste après un groupe qui s’inspire de Society For Cutting Up Men ? Rien n’effraye The Men qui balaye la menace d’un litre de sueur, un taux absolument indécent de décibels et quelques coups de chevelure ! C’est touffu tout ça et les riffs gagnent finalement à être soutenus par une vaillante basse qui prenait le risque d’obscurcir le bordel. Visiblement bien plus en forme qu’en début de tournée, le désormais quatuor déboule au bulldozer sans aplatir leur discographie disparate et leurs titres schizophrènes. Essentiels.

 

 

Samedi : Moustaches, menthes à l’eau et autres migraines matinales

Blouse jouait à Lille le jeudi précédent. En croisant mon voisin dans l’escalier, il me confiait qu’il n’avait pas réussi à écouter la musique tellement la chanteuse était « bonne » (est-il nécessaire de préciser que mon voisin écoute de manière obsessionnel le même vinyl tous les jours de sa vie depuis quasiment deux ans?). Un autre ami m’avouait que durant ce même concert, Charlie Hilton avait conquis la petite place qu’il réservait jusqu’ici à Victoria Legrand dans son coeur. Pas de coming out à noter de mon côté mais un charme certain qui continue à planer. Charlie Hilton porte cette incroyable fragilité qui définit toute sa musique. Le synthé en léger décalage, le son en perpétuelle distorsion, la gorge timidement serrée, on est toujours comme au bord du précipice.

Baxter Dandy, ce sacré Dury, soit le rendez-vous de la soirée, celui que personne ne voulait louper. On lui doit une soirée complète et Baxter Dandy le sait : la proie est conquise d’avance. Tout de même, on ne pause pas un lapin à un gentleman, surtout quand il est de ceux qui font durer les plaisirs. Un peu dommage que la setlist ait laissé la part balle au dernier opus quand on lui sait deux premiers albums certes mélancoliques mais absolument ravissants. Allez, allez, on ne va pas faire la fine bouche sur un mariage dument consommé !

Et puisqu’on vient tous à la Route du Rock pour prendre des claques, il a bien fallu qu’elle finisse par arriver : Elektronische Staubband, le projet Krautrock de Yann Tiersen. Le degré d’alcoolémie ne suffira pas à expliquer le charme opéré autour de cette performance aussi référencée que vibrante. Tant et si bien que vous pouvez réécouter un morceau ici.

 

 

A part des licornes et un arc en ciel, il ne manque absolument rien sur cette photo.